Cinéa

chez Max Linder

 

 

   Max Linder, le premier acteur français qui sut ou devina ce que doit être le cinéma, revient d'Amérique prendre un peu de repos (il a terminé ses parodiques Trois Mousquetaires dont on dit grand bien), mettre ses affaires en ordre et classer ses projets.

   Après deux ou trois banquets et une grosse d'interviews nous n'avons plus rien à lui demander. Des vérités officielles et d'ailleurs contradictoires courent à son sujet. Un bavardage d'une heure, c'est tout ce que nous demandons, et un reflet de vérité, de la vraie, rien de plus.

   En quittant New-York, Max était bien résolu à tourner en France, à Nice particulièrement. Mais on voit mollir les résolutions les plus solides. Et les studios des Alpes-Maritimes sont un peu moins pratiques que ceux de Los Angeles.

   Il se peut que la France voit un effort nouveau de Max. Il se peut aussi que le soleil d'Hollywood éclaire bientôt une vaste mise en scène burlesque, pittoresque, historique, et l'on verrait Max dans un drame d'aventures français que l'on s'attendait à voir tourner par Fairbanks.

   On travaille tant a Hollywood. Tout n'y est pas rose et la colonie germanique met parfois des bâtons dans les roues. Mais il y a Doug et Mary et le groupe des United Artists dont Max fait partie maintenant. Et il y a Charlie Chaplin, grand ami du comique français. Charlie est un chic type qui aime la France, bien que la grotesque réception du Trocadéro lui ait apporté les palmes académiques et bien que les Parisiens se soient résumée pour lui à la personne d'un humoriste de profession qui pousse parfois l'humour un peu bien loin...

   Max Linder aime beaucoup Charlie Chaplin. CINÉOR. (Cinéa, 25.8.1922)