La santé de M. Max Linder

   Nous recevons de M. Max Linder la lettre suivante qui rassurera les nombreux amis que compte l'excellent artiste:

   Mon cher Comœdia,

   Voulez-vous me rendre le grand service de dire une fois pour toutes (du moins, je l'espère) que je ne suis pas mort.

   Je ne sais vraiment qui a intérêt à faire courir ce sinistre bruit, mais c'est effrayant depuis deux ans, ce qu'il y a de gens qui m'ont donné à tuer.

   Mon chirurgien «attitré», le docteur Di Chiara, et moi protestons avec la dernière énergie. Je me porte à merveille et dans huit jours je serai sur pied, plus solide que jamais.

   La troisième et dernière opération que je viens de subir était prévue depuis longtemps et n'était que la conclusion indispensable des précédentes. Cette fois; je l'espère, c'est la clôture définitive, sans espoir de réouverture.

   Voulez-vous être assez gentil, mon cher Comœdia, pour dire à tous, grâce à votre large publicité, qu'on ne m'envoie ni fleurs, ni couronnes, car chaque jour je vois arriver des amis stupidement alarmés, et voilà plusieurs affaires sérieuses que je manque à cause de ce funèbre «canard»...

   Quand je serai mort... je vous le dirai.

   En attendant, croyez, mon cher Comœdia, à mes sentiments affectueusement dévoués.

MAX LINDER.

(Comœdia, 25.7.1911)