Une jeune fille

enlevée

par Max Linder

__________

 

   PARIS, 28. — Max Linder, l'artiste cinématographique bien connu, est actuellement sous le coup de poursuites judiciaires pour avoir enlevé une jeune fille du meilleur monde. La fugitive, qui a dix-neuf ans, est la nièce d'un magistrat parisien. M. Ducrocq, directeur de la police judiciaire, a mis en campagne un brigadier et deux inspecteurs, munis des photographies de Max Linder et de la jeune fille, fort belle, qu'il enleva. D'autre part, la préfecture de police examine la posibilité de rédiger une circulaire signalétique destinée à être répandue à profusion.

   On ne possède, à l'heure actuelle, que peu de détails sur l'enlèvement. Gouvernante de Max Linder, depuis dix-huit ans, Mlle Marie X., personne fort âgée, ne cache pas sa stupéfaction. Elle ne sait d'ailleurs rien. Son maître se décida soudainement, mercredi 18 avril, à quitter la capitale et, le soir même, à 8 heures, partit de son domicile, avenue Emile-Deschanel 11 bis, avec de volumineux bagages et sans aucune explication.

   Un de ses amis, cependant, l'aurait revu le samedi 21 avril.

   Max Linder, dit-on aurait connu la jeune personne au cours d'une villégiature à Biarritz et aurait demandé sa main. Demande vaine! Soit en raison de sa situation, soit en raison de la différence d'âge avec l'objet de sa flamme Max Linder aurait vu son offre décliné poliment. Alors, appliquant à sa vie privée la ruse et l'audace de sa vie cinématographique. Max Linder n'aurait pas hésité à disparaître avec su Dulcinée. (L'Impartial, 30.4.1923)