Max Linder aux Folies-Marigny

 

 

 

    Max Linder débutait hier aux Folies-Marigny où il interprétait lui-même, - "en chair et en os", pour nous servir de l'expression même par laquelle furent annoncés ses débuts - ce sketch: "Député", dont il est l'auteur. Oh! les tribulations des Max! ses querelles avec Mlle Poutoune, sa gentille maîtresse si exquisement personnifiée par Mlle G. Rysor; ses démêlés avec l'amusant préfet qu'est M. Fred Pascal!... qui rendra jamais le comique de ces diverses scènes et qui dira le fou rire qu'elles ont déchaîne dans la salle?... En même temps, M. Jacques Charles, directeur toujours habile, avait demandé à M. André Barde d'ajouter à sa revue déjà si plaisante plusieurs scènes nouvelles: la "Pénétration pacifique", jouée par Mlle Anne Dancrey et Mlle Alice de Tender, "Têtes à l'Huile pour souverains", par MM. Raimu et Fred Pascal, et les "Sosies de Max Linder", où Mlle Irène Bordoni et une douzaine de charmantes artistes furent très applaudies. Mais le grand triomphateur, ce fut naturellement Max Linder. Et il triompha doublement, au point que les spectateurs sont partis sans pouvoir décider comment ils préféraient l'excellent artiste: sur l'écran ou bien sur la scène, en chair et en os. Aux Folies-Marigny, on voit Max Linder sous les deux aspects. On ne sait discerner lequel lui est le plus favorable, mais ce que l'on sait bien, c'est que nul n'est en ce moment plus populaire, plus choyé du public que notre Max Linder. (La Presse, 13.6.1914)