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Le crime d'un fils

[Drame] — Szenario: Maurice Lefèvre — Länge: 5 Akte — Interpreten: MM. Adrien Caillard (docteur Masson); Henri Etiévant (marquis de Mandres); Jacques Villa (Pistolet); Jacques Volnys (Paul Herbeaux); Jean Liézer (Champoreau); Blanchard (Jolicoeur); René Gréhan (Lalouette); Champdor (don Escobal); Vincent Denizot (Barbillon); Max Linder (Tom Bluff); Dervet (Isaac); Jacquier (Modeste); Bénard (Dodore); Paul Garbagni (Coussinet); Léon Bernard (Léonard); Sylvain (la Puce); Fuss (Chopineau); Henri (le croupier) — Mme. Jeanne Grumbach (Mme Herbeaux); Geneviève Chapelas (Hélène); Suzanne Horel (Ida de Jarcy); Henriette Lamy (Mominette); Victorin (Honorine); Dareska (colonelle de Villeneuve); Adrienne Dherblay (Justine); Yriane (Mlle de Plessis L'Estang); Andrée Divonne (Victoire); Turpeau (Rosette); Walmy (Florentine); Camino (Rognon); Carle (Mélie); Hervat (Flora); Martiny (Eglantine); Georgette (Zénaïde) — [Tableaux: 1. Un tripot à Montmartre (la ronde des Sébastos, chantée par Mlle Lamy); — 2. En Famille; — 3. Le Restaurant du Chat Saulé; — 4. Les Berges de la Marne; — 5. Lalouette et Pistolet.] — Premiere: 8. September 1905 (Paris/Théâtre de l'Ambigu) — 32 Vorstellungen

 

Szenenfoto Le Crime d'un Fils

ACTE III: Paul Herbeaux retrouvant sa mère folle (Le Journal du Dimanche, 17.9.1905)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beschreibung/Kritik:

 

L'Ambigu, revenant à une forme plus simple, plus conforme au goût du jour, vient de monter un excellent drame de M. Maurice Lefèvre, à qui, jusqu'à ces derniers jours, les notes des journaux donnaient pour collaborateur M. Louis Decori. Et si le nom de ce dernier a disparu de l'affiche, on n'en reconnaît pas moins son habileté scénique, à cote de la légèreté spirituelle et pittoresque de M. Maurice Lefèvre. Le criminel, c'est Paul Herbaux, fils d'un colonel, dont le père est mort, et dont la mère ne vit que bien péniblement, grâce à la vente de gravures, d'éventails, de menus ouvrages et à la grande amitié d'un compagnon de son mari, le colonel marquis de Mandres. Paul Herbeaux, cependant, ne s'est pas aperçu des privations de la maison: pas méchant, mais enfant gâté, à qui l'on est toujours prêt à se sacrifier, il mène au dehors une existence lamentable, dont une certaine Ida de Sarcy occupe le point culminant; et, pour satisfaire aux caprices de cette coquine, il se procure de l'argent par tous les moyens. Or, sa mère, à bout de ressources, va entrer comme gérante dans un hôtel; pour cela, il lui a fallu un cautionnement: elle a vendu ses derniers bijoux, le colonel de Mandres a parfait la somme nécessaire; et tous les deux mettent Paul, très sérieusement, au courant de la situation. Il les écoute à peine: il ne songe qu'à Ida; et puis qu'il y a 15.000 francs dans le secrétaire de sa mère, il les vole, dans un moment d'aberration. Ce n'est que le début de son crime. Sa mère survient, voit cette chose affreuse: son fils devenu un voleur! et la folie s'empare de son cerveau, tandis que Paul Herbeaux s'enfuit, ne sachant pas si on l'a reconnu. La malheureuse erre, pendant plusieurs jours, dans Paris, puis dans la campagne et gagne les bords de la Marne, où les gamins, cet âge est sans pitié, courent après elle, l'injurient, lui arrachent ses vêtements. Or, toute la bande d'Ida de Sarcy est en fête de ces côtés, menée par le jockey Tom Bluff, par le rastaquouère Escobal et par Paul Herbeaux, qui, inquiet, aigri, fait des scènes à tout le monde. Mais il se grise, et il n'a donc plus sa tête à lui, au moment où sa pauvre mère traverse le restaurant en plein air où la bande est attablée. Il faut qu'il la voie, injuriée par la foule, pour que la raison rentre en son cerveau; il se précipite alors, prend sa défense. Un rôdeur de barrière, nommé Barbillon, est justement en train d'arracher une poignée de cheveux à la malheureuse, car certains êtres conservent la férocité de l'enfance; Paul Herbeaux le renverse d'un coup de poing. Ceci va être presque sa perte et en réalité son salut. Barbillon veut se venger et rejoint Paul Herbeaux, avec une bande de malandrins, tandis que le jeune homme va regagner la gare, à quelque distance de sa mère, que le colonel de Mandres a retrouvée, et ramène avec les égards nue vous pensez. Paul Herbeaux, malgré son sang-froid et la solidité de ses poings, serait donc assommé, si de sympathiques filous. Pistolet et Lalouette, ne venaient à son aide, contaient des histoires aux malandrins, gagnaient du temps; et finalement Joli Cœur, l'ancien ordonnance du marquis apparaît sur le lieu de la bataille, où, en un clin d'œil, les Apaches sont écrasés. Quant à Paul Herbeaux, il en sera quitte avec un coup de couteau, que les soins de Mlle Hélène, filleule du marquis, auront vite guéri. Mais il faut guérir maintenant la folie de Mme Herbeaux. Pour cela, le docteur Masson, une de nos vieilles connaissances de l'Ambigu, reconstitue la scène du vol, mais avec cette différence que ce n'est plus Paul Herbeaux qui est le voleur: ce sont MM. Pistolet et Lalouette qui vont «grincher» pour la dernière fois, car, demain, ils s'établissent honnêtes gens. Ils simulent donc le vol et Paul Herbeaux se jette sur eux; ils font le geste de lui donner des coups de couteau. Et Mme Herbeaux, devant cette terrible émotion, croyant son fils assassiné, revient à la raison. M. Etiévant est absolument remarquable dans le rôle du marquis de Mandres, plein de distinction et de mesure; M. Caillard vraiment bien froid dans le docteur Masson: M. Volnys est plein de chaleur dans Paul Herbeaux; MM. Villa et Gréhan sont amusants comme tout dans Pistolet et Lalouette; MM. Liézer, Blanchard, Champdor, Denizot, Linder terminent un excellent ensemble masculin. Mme Grumbach a été très touchante, dans Madame Herbeaux; Mlle Chapelas suffisamment gentille, dans Hélène. Et la bande d'Ida de Sarcy est fort bruyamment représentée par Mmes Horel, Lamy, Victorin, etc., etc. SALES. (Le journal du dimanche, 17.9.1905)