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La grande famille

Regie: André Antoine — Szenario: Alexandre Arquillière — Länge: 6 Akte — Interpreten: MM. Louis Gauthier (Bertrand); Henri Etiévant (Brune); Adrien Caillard (le capitaine); Jacques Villa (caporal Gabert); Jean Liézer (le sergent-major); Moret (le comique); Max Linder (Rondet); Brenner (Gaillard); Vincent Denizot (Louis); Alexandre Picard (l'adjudant de quartier); Synès (l'adjudant de compagnie); Champdor (Tournier); Dervet (le pianiste); Bénard (Picoté); Defrance (un jeune engagé); Brunet (le patron); Paul Garbagni (le tireur au flanc); Thomin (un commis-voyageur); Lebrasseur (Jean); Liouvil (1er homme de garde); Charmy (2me homme de garde); Austel (un musicien); Montrose (un soldat); Hems (un rentrant); Lallemand (un rentrant); Raphaël (un permissionnaire); Talny (un permissionnaire); Privat (l'ordonnance); Laemmenhirt (un soldat) — Mme. Suzanne Munte (Louise); Geneviève Chapelas (Lili); Doriane (Mariossa); Victorin (mère Baptiste); Delcy (Mme Grindot) — [Premier acte: Chez la Mère Baptiste; — Deuxième acte: La Crémaillère; — Troisième acte: Le Corps de Garae; — Quatrième acte: L'Engrenage; — Cinqième acte: Discipline! — Sixième acte: La Grande Famille.] — Premiere: 22. November 1905 (Paris/Théâtre de l'Ambigu) — 121 Vorstellungen

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Die Herren Caillard, Liézer, Moret, Linder [...] erfüllen ihre Aufgabe mit Talent. Gaston Sorbet (L'Illustration théâtrale 22, 23.12.1905) [zitiert in: "Max Linder auf der Bühne", Thomas Kuchenbuch, 2005]

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M. Arquillière nous présente aussi trois officiers qui sont très vraisemblables. C'est le terrible Brune, dont la cruauté est peut-être excessive, où du moins trop bavarde. C'est le futile Rondet d'Issènes, qui ne veut pas trop s'ennuyer dans cette petite garnison. C'est le capitaine, qui est indulgent et bon. [...] NOZIERE. (Le Théâtre №169, 1.1.1906)

 

 

Szenenfoto La Grande Famille

Acte III (Le Théâtre #169, 1.1.1906)

 

 

 

Anmerkung: Sechzig Jahre später erinnerte sich René Jeanne an eine Aufführung: "... le personnage paraissait à chaque tableau et avait à y dire quelques répliques dont l'ensemble atteignait une bonne centaine de lignes: jamais le jeune acteur n'avait eu un si long rôle. Il s'en acquitta correctement et même avec une certaine désinvolture ..." (René Jeanne, Revue d'histoire du théâtre, 1965)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beschreibung/Kritik:

 

— Aus Paris 24. ds. schreibt man uns: Das Ambigu-Theater gab gestern zum ersten Male ein sechsactiges Schauspiel "La grande Famille“, von Alexandre Arquillière, der dem Renaissance-Theater als geschätzter Darsteller angehört und in dieser Eigenschaft alle Theaterkniffe kennt. "Die große Familie" ist das Regiment, das hier stellenweise so vorgeführt wird, daß Arquillière der Vorwurf nicht erspart bleibt, er habe die Richtung Hervés eingeschlagen. Dieser Eindruck war namentlich in einer Scene zwischen dem Leutnant Brune und den Unterofficieren stark genug, um lebhafte Proteste im Saale hervorzurufen. Die Handlung ist sehr einfach. Der Leutnant und der Sergeant Bertrand bemühen sich um die Gunst einer Tingeltangelsängerin, Louise, die schließlich, dem Sergeanten den Vorzug giebt. Während eines Besuchs, den sie diesem in der Caserne macht, kommt der eifersüchtige Leutnant hinzu, und ein Kamerad Bertrands hat noch gerade Zeit der Sängerin einen grauen Soldatenmantel überzuwerfen und sich mit ihr zu drücken. Der Leutnant hat sich aber nicht täuschen lassen; nur gilt seine Eifersucht jetzt dem Corporal Gaubert. In einer Auseinandersetzung mit den beiden Kameraden ist Brune so grob und roh, daß der Sergeant eine drohende Gebärde macht, die ihn vor ein Kriegsgericht führen würde, wenn es nach dem Leutnant ginge. Aber ein wackerer Hauptmann legt sich ins Mittel. Er hält dem Leutnant eine Strafpredigt im Interesse der Compagnie und bringt es dazu, daß Louise, mit der Bertrand fliehen wollte, allein geht und der Sergeant nicht desertirt. Die "Grande Famille" wird gut gespielt, und auch die Ausstattung läßt nichts zu wünschen, aber Arquillière wird einige Aenderungen vornehmen müssen, wenn er nicht will, daß sein Stück allabendlich in dem Volkstheater an der Place de la République mißbilligende Kundgebungen erfährt. (Berliner Börsen-Zeitung, 26.11.1905)

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Les acteurs ne se contentent plus de devenir directeurs de théâtres: ils se transforment aussi en auteurs dramatiques. Et, M. Arquillière, l'excellent comédien que nous avons applaudi tant de fois, vient de se faire applaudir, cette semaine, non plus comme acteur, mais comme auteur d'une pièce remarquable, que M. Grisier a montée avec un soin tout particulier, à l'Ambigu. Elle débute par la peinture étonamment vraie et pittoresque d'un café-concert, disons plutôt un «beuglant» de province, où nous voyons défiler la chanteuse mélancolique et poitrinaire, que la phtisie va bientôt mener au tombeau, le comique rigolard, la petite débutante, Louise, qui obtient le plus vif succès auprès du public, composé d'employés, de sous-officiers, de commis-voyageurs: elle va rester ici, pendant une, deux ou trois semaines, selon la faveur que lui accordera le public, selon l'usage. Cette faveur est considérable, mais surtout dans le cœur du sergent Bertrand, charmant autant que joli garçon, rengagé, excellent militaire et qui, en attendant qu'il fasse des conquêtes à la guerre, en fait dans tous les cœurs féminins. Il en fait aussi dans les cœurs masculins; car il n'a que des amis autour de lui, parmi ses subordonnés comme parmi ses supérieurs. Le voilà tout à coup féru de la chanteuse Louise et qui, bien que fantassin, voudrait l'enlever à la hussarde. Elle le calme; car, malgré les légèretés de sa vie antérieure, elle a quelque retenue, et veut savoir si on l'aime avant d'aimer elle-même. Mais, à peine le sergent a-t-il quitté le lamentable café-concert de la mère Baptiste, que le sous-lieutenant Rondet y amène son lieutenant, nommé Brune, qui est le type accompli de l'officier terriblement amoureux de son métier et de la discipline et qui se montre effroyablement dur envers ses hommes. Quant aux femmes, il les méprise et n'a jamais eu de liaison: aussi est-il comme un pauvre novice, en face de la séduction involontaire de Louise, dont il s'éprend, avec autant de brutalité que le sergent Bertrand s'en est épris avec tendresse. Il voudrait, lui aussi, accomplir sa conquête. Elle le remet fort gentiment à sa place. Elle aime déjà le sergent: c'est classique dans toutes les garnisons. L'acte suivant nous montre la crémaillère pendue, dans sa chambre d'hôtel, par Louise, où, en quelques phrases, les pauvres cigales ses compagnes dépeignent leur vie si mélancolique, qui les mène de ville en ville, applaudies là, sifflées ici, pour aboutir inévitablement à la misère, à l'hôpital. Tant pis! conclut le comique: prenons de la vie ce qu'elle a de bon. et laissons-nous aller! En vertu de ce principe, Louise se laisse aisément aller à son amour pour Bertrand; car, après avoir un peu hésité, elle lui promet de le recevoir ce soir, tandis que, lorsque le lieutenant Brune se présente chez elle, elle daigne à pleine l'écouter. Au troisième acte, absolument réussi comme le précédent, Bertrand est l'ami de la chanteuse depuis une quinzaine de jours: aussi se désespère-t-il d'avoir été de garde tout aujourd'hui, tandis que ses camarades allaient se promener, se distraire. Or, Brune, qui poursuit toujours vainement la chanteuse, en la soupçonnant d'avoir un amant, ce qu'elle nie avec énergie, s'est rendu au café-concert et lui a parlé avec une telle brutalité qu'elle n'a pu résister au désir, avant de rentrer chez elle, de venir donner un bonjour à son gentil sergent, à travers la grille de la caserne. A côte se trouve la porte, fermée à clé, par laquelle passent les retardataires, les permissionnaires. La tentation est vraiment trop forte pour Louise, qui se glisse presque involontairement dans la caserne, en face du corps de garde. Et à peine y est-elle que le factionnaire signale l'armée du lieutenant Brune et du sous-lieutenant Rondet. Le cas est grave. Avoir fait entrer une femme à la caserne, c'est une punition terrible pour le sergent. Il faut la cacher. On réussit à la dissimuler dans un corridor; Brune et Rondet s'en vont par la cour, par les chambrées, à la recherche d'un tire-au-flanc quelconque. Ils se retirent. Le sergent Bertrand et son ami le caporal Gabert respirent: ils vont pouvoir faire évader Louise par une porte qui se trouve au bout de la cour; afin que personne ne se doute que c'est une femme, ils l'enveloppent d'un manteau. Et l'on se sépare en-se disant à demain! Hélas! au moment même où le caporal délivrait Louise, il se heurte au lieutenant Brune, qui faisait le tour de la caserne et s'imagine, tout d'abord, que son rival est ce caporal Gabert. Le lendemain, dans une scène d'une violence extrême, il découvre que son véritable rival est Bertrand et va se venger sur lui en le faisant passer en conseil de guerre; car Bertrand, devant ses injures, a levé la main sur lui. Vainement, le capitaine de la compagnie essaye-t-il de faire entendre raison au lieutenant Brune, au nom de la solidarité que l'on doit avoir dans la Grande Famille qu'est l'armée. Brune ne se connait plus, oublie tout sentiment de droiture et poursuit sa vengeance, en affectant de ne défendre que la discipline. Bertrand voit donc son avenir perdu: il passera en conseil de guerre, sera cassé; il ne peut supporter cette prospective et se décide à déserter, en emmenant Louise à l'étranger. Mais cette Louise est décidément une brave fille, qui a autrement d'expérience que Bertrand. Elle sent qu'elle le perd; et puisqu'elle l'aime sincèrement, elle le sauvera. Pour cela, elle avoue tout au capitaine de la compagnie et s'en va seule par le train qui devait emporter les deux amoureux, tandis que le capitaine vient trouver Bertrand, le fait renoncer à déserter, lui fait comprendre qu'il a commis une faute grave, qu'il doit l'expier, mais lui promet son indulgence, s'il reste un bon et brave soldat. Je ne voudrais élever aucune critique devant le premier essai de M. Arquillière, qui, je vous le répète, est absolument remarquable; mais il me semble qu'on doit toute la vérité à un auteur dramatique de cette valeur, et j'ai moins aime le dénouement de la pièce que les trois premiers actes: malgré une infinité de détails pris sur le vif, il semble vraiment trop rentrer dans la vieille convention, qui veut arranger toutes choses, pour arriver à un dénouement prévu et désiré par le public. Que fallait-il faire? Fallait-il recommencer Carmen? ou s'inspirer du drame récent de Niort, où nous avons vu un officier de Saint-Maixent tuer une petite chanteuse de café-concert? Je n'en sais rien: mais, apportant une chose si neuve à l'Ambigu, j'eusse désiré que M. Arquillière nous la donnât entièrement neuve, sans aucune concession aux arrangements habituels. — N'allez pas prendre ceci pour une critique importante: c'est de simple discussion entre gens que passionnent l'amour du vrai, l'amour du théâtre. Et allez bien vite à l'Ambigu applaudir cette œuvre puissante, simple, émouvante, qui, du reste, est jouée à merveille et avec cette particularité que tous les rôles sont admirablement tenus, même les plus insignifiants, si un rôle peut être insignifiant, joué par un acteur consciencieux. Mme Suzanne Munte est vraiment charmante de simplicité, d'amour, de tendresse, d'émotion, dans le rôle de Louise; et M. Gauthier est tout bonnement adorable, dans le sergent Bertrand. Il fallait toute l'autorité de M. Etiévant, pour nous faire accepter le rôle odieux du lieutenant Brune. Cette création, qui va lui attirer les malédictions des spectateurs, doit être comptée parmi ses meilleures: à chaque instant, le public voulait se révolter contre ce qu'il disait, et il le lui imposait par la simplicité et la sincérité de son jeu. M. Villa est exquis dans le caporal Gabert. M. Liezer m'a infiniment plu dans un rôle de sergent-major philosophe. M. Linder est tout à fait gentil et coquet dans le sous-lieutenant Rondet: M. Brenner bien amusant dans la forte tête Gaillard; M. Morel bien drôle dans le chanteur comique. Enfin M. Caillard a donné la plus noble figure au rôle du capitaine. Que je n'oublie pas M. Picard, si nature en adjudant. SALES (Journal du dimanche, 3.12.1905)