LA REOUVERTURE DE L'ALHAMBRA

    L'établissement si joli de la rue de Malte tient à son originalité; il la garde et il a bien raison car elle est d'excellent aloi. Alors que la plupart des grands «concerts» tendent à n'être plus qu'une combinaison entre le «promenoir» de la salle et le «défiloir» de la scène et une occasion pour ces dames de se montrer... l'Alhambra s'en est tenu à la formule anglaise du music-hall; spectacle le plus varié possible, rapide et amusant, avec une grosse attraction centrale. Pour sa réouverture, c'est Max Linder qu'elle a choisi, Max Linder qui s'appelle lui-même le roi du cinéma et qui n'a point tort; la suite des tableaux dans lesquels on le voit, pressé par l'heure, s'efforçant d'arriver au théâtre, mais rencontrant tous les obstacles classiques est fort originale. Il joue aussi et avec beaucoup d'entrain un «sketch» (puisque c'est le mot!) de sa composition, aimable prétexte à plusieurs tours de tango...

   Des gymnastes, un chanteur, deux danseurs anglais extraordinaires de flegme et d'endurance, un dresseur de coqs, de chevaux et de cochons sollicitent les bravos d'un public qui ne les leur marchande pas. - S.B. (L'Humanité, 1.9.1913)