Ce vieux Max.

 

 

 

   D'excellentes nouvelles de l'outre-Atlantique, dont la bonne lettre nous arrive après un long séjour en mer, mais point dans la bouteille légendaire des naufragés.

   Très souffrant, comme on sait, notre Comique national – qui a voulu goûter de l'internationalisme (car demain l'Internationale sera, avec une faute de français, le genre humain. Ça doit être ce styliste de Piquefeu qui a écrit ça!) - notre Comique national, dis-je, bien qu'encore alité au départ de sa lettre, va beaucoup mieux et reprend goût à la vie, c'est-à-dire à la lecture d'Hebdo-Film. Il n'espère pas, nous écrit-il, pouvoir reprendre le travail avant novembre. Mais, pour charmer ses loisirs forcés, il s'occupe, de son lointain grabat, de la réfection et des vastes agrandissements de son élégant ciné parisien, qui, avec ses 800 places, s'annonce comme devant être le plus luxueux et le plus confortable de Paris. Il sera à l'instar de New-York; et l'entrée de l'instar continuera à être sur le Boulevard. Max dépense 1.200.000 francs à ces améliorations. Faut-il qu'il en gagne, du pèze le chameau!!! Que sera-ce quand les maçons seront partis!

   (Zut! je m'aperçois, en relisant sa lettre, qu'il me demandait le secret sur tout cela! Eh bien, me v'la propre!! Et le journal qui roule déjà... Heureusement que Max, boxeur et épéiste émérite, est trop loin de moi pour me f... sur la g...!)

   Tout de même, vieux Max, vous la tirez un peu, votre flemme! Nos écrans se plaignent du trop long veuvage que vous leur imposez. Faudrait voir à voir à vous revoir. En attendant, moi z'et tous ceux que vous me chargeâtes d'embrasser de votre part, nous vous adressons la bonne poignée de mains. Espérons que le bateau qui vous la portera ne fera pas de mauvaise rencontre. (Hebdo-Film, 18.8.1917)