Cinéma Pathé frères. La fête du personnel

 

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   M. MAX LlNDER, le jeune et brillant comique des Variétés, a obtenu, avec ses camarades du théâtre Pathé, un succès énorme avec une idée nouvelle appelée à avoir de nombreuses applications. La première partie se passe sur l'écran; appelé par téléphone au Cirque pendant qu'il était en train de déjeuner, il se précipite, bouscule tout le monde, il arrive au cirque les vêtements en lambeaux, dans un état pitoyable, il entre dans le Cirque,., et 2° partie, accueillie par un fou rire, il apparaît sur la scène, vraie continuation de la poursuite au cinéma..., il récite un monologue... et quel monologue !... et la poursuite se continue.

   Ce mélange de photographie et de réalité a produit une sensation énorme.

   D'autres artistes encore se sont fait acclamer... nous ne pouvons pas les nommer tous.

   Tous ces artistes ont été applaudis. Nous dirions chaleureusement, si nous n'avions pas peur de faire un jeu de mots.

   Signalons aussi l'excellent accompagnateur, M. Piccolini - et surtout la brillante Harmonie de l'Usine Pathé, de Chatou, dirigée par M. Bellanger avec une belle maîtrise.

   Un regret nous venait à la pensée de ne pas avoir créé une harmonie pareille aux usines de Joinville-Vincennes-Montreuil, et nous espérons bien qu'elle existerait [sic] l'an prochain. En attendant, le «Phono» a bien voulu donner son concours au «ciné», affirmant ainsi l'indissolubilité de ces deux branches de la Compagnie Pathé frères.

   L'orchestre ordinaire du Cirque d'Hiver - Cinéma-Exploitation accompagnait les vues du programme cinématographique avec son brio habituel.

   Dans le programme cinématographique, on a eu plusieurs nouveautés intéressantes, mais on a surtout vu avec curiosité un film fabriqué par la Compagnie en 1901 - et on a pu constater ainsi les progrès réalisés en quelques années... cela se compare, mais ne se ressemble plus.

   Maintenant arrivons à la partie sérieuse. Au nom de la Commission des suggestions, M. Vernière est venu lire un excellent rapport dont on lira le texte ci-après.

   Nous ne dirions pas toute la vérité, si nous omettions de mentionner l'ovation faite à Mme Charles Pathé, rayonnante de joie devant cette reconnaissance spontanée de tous ceux qu'elle oblige avec tant de bonne grâce. Quant à M. Ch. Pathé, il ne s'est pas fait voir, et c'est à peine si nous avons pu l'apercevoir pendant que le cinéma fonctionnait, c'est-à-dire dans l'obscurité.

   Nous aurons bien l'occasion de dire les progrès accomplis à l'usine depuis que l'économie sociale y a fait son apparition... en attendant nous tenons à dire avec quel bonheur nous avons assisté à cette belle fête du travail et les souhaits que nous faisons pour que d'année en année ces rapports entre le capital et le travail deviennent plus étroits et plus féconds. [...] (Phono-Ciné-Gazette?, 1908? - réimprimé dans: “Aux sources de l'Industrie du Cinéma, Laurent Le Forestier, 2007”)