Les risques du cinéma

 

    L'interprétation des scènes de cinéma n'est pas sans danger. Les acteurs risquent parfois d'être rossés par les passants, qui prennent au sérieux le scénario qui se déroule dans la rue. Et il y a encore les risques professionnels.

   M. Max Linder a failli plus d'une fois être victime de sa fantaisie. Tout dernièrement, dans un film intitulé: «Jockey par amour», il devait, apprenti novice, gagner une course pour les beaux yeux de sa belle. Or, il arriva que le pur-sang de l'acteur prit son rôle en conscience et, dépassant le poteau d'arrivée, il partit, dans une folle galopade à travers les rues tranquilles de Levallois.

   Cramponné à sa monture, M. Max Linder recommandait déjà son âme au Dieu du cinéma, lorsque le fougueux coursier, arrivant aux portes de l'octroi, s'arrêta net. Ce cheval avait heureusement le respect des règlements municipaux.

   Une autre fois, l'amusant comédien faillit trépasser des suites d'une terrible indigestion de macaroni. Le scénario du film l'obligeait, en effet, à avaler une énorme quantité de pâtes alimentaires.

   M. Max Linder, entrainé par son élan, négligea tout stratagème et absorba six plats de macaroni au fromage... Le zélé comédien dut s'aliter le lendemain.

   C'est ce que l'on appelle sans doute «filer» une scène. (Le cri de paris, 28.9.1913)