Gala Max Linder

 

  Le gala Max Linder, organisé au bénéfice de l'Œuvre fraternelle des artistes soldats belges et français, constamment à la brèche dans nos soirées de bienfaisance, avait attiré samedi dernier au Beau-Rivage-Palace une très nombreuse assistance. Un programme de choix, ou l'on entendit successivement Mlles Marguerite Bernard, Léa de Perre, Suzy Galmy, Mme Johannot et M. de Rochefort, qui dit avec talent des vers de Victor Hugo et de Leconte de Lisle, nous donna également l'occasion d'applaudir encore une fois M. Max Linder en personne. Une ovation salua son apparition et on le rappela interminablement. Les meilleurs films de son répertoire déridèrent les fronts les plus moroses, mais l'amusement général se transforma en rire inextinguible lorsque le grand artiste se produisit dans deux monologues, où il est d'un comique inénarrable. Max Linder au cinématographe, c'est bien; mais Max Linder en chair et en os, jouant et parlant, c'est l'apogée du rire et il faut le remercier sincèrement d'avoir mis ce grand talent au service de ses camarades moins fortunés. Cette manifestation fort bien organisée avait attiré à Ouchy bon nombre de Lausannois qui s'étonnèrent, à juste titre, de l'absence totale de moyens de transport; cinq ou six tramways auraient rendu grand service; quant aux taxis, il n'y en avait pas pour tout le monde, et ce fut à minuit un interminable cortège qui remonta lentement vers la ville. EVE. (Lausanne artistique, 13.7.1918)