ÉCHOS

 

 

 

    Les affaires sont les affaires.

   Sans attendre la fin de la guerre, Max Linder, le fringant «roi du cinéma», quitte la France pour filmer en pays neutre, à Chicago.

   — Je suis désolé de m'en aller, dit-il à un rédacteur du Film, mais j'ai signé, j'ai signé un engagement qui se monte à deux millions. Je dois en un an tourner pour l'Essanay douze scénarios qui devront être soumis à mon acceptation ainsi que le choix de mes partenaires. Je tourne en principe à Chicago, mais si ma santé ne me permet pas d'y résider, l'Essanay me construira un théâtre à l'endroit que je choisirai. Mon contrat est d'un an, renouvelable à mon gré, et avec simplement une option de l'Essanay aux mêmes conditions que la plus offrante des maisons concurrentes, s'il s'en présente alors. Mes premiers films seront édités en France, je ne sais pas quand. Du reste, il y en a encore six inédits chez Pathé que vous verrez prochainement, je pense.

   Nous reverrons donc Max Linder sur l'écran, en France, pendant la guerre. C'est une consolation pour nous et aussi pour le «pauvre» exilé qui sans doute a dû se mettre d'accord avec le recrutement. (La Liberté, 11.10.1916)