MAX LINDER N'EST PAS MORT

    On lit dans la Patrie:

   La sonnerie du téléphone retentit dans un de nos bureaux.

   - Allo! Allo!

   - Qui est à l'appareil?

   - C'est Max Linder. Je viens d'apprendre par une dépêche de Rome, reproduite dans les colonnes d'un journal parisien, que je suis mort à la bataille de l'Aisne. Voulez-vous démentir la nouvelle?

   J'ai été souffrant, il est vrai, mais je suis en congé de convalescence et pourrai bientôt reprendre mon service. Une chose m'a surtout beaucoup ému dans la dépêche italienne: il y est dit que j'ai près de trente-huit ans! Dites, je vous en supplie, que si j'étais mort, c'eut été à la fleur de l'âge, et, d'ailleurs, je n'aurais pas manqué de vous prévenir par un «bleu!»

   Les nombreux amis de Max Linder apprendront avec joie qu'il est toujours vivant de toujours sa belle humeur. (La Presse, 4.10.14)