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    La Gaité-Rochechouart nous conviait, hier, à la répétition générale de sa nouvelle revue, intitulée: Elle est de... Max Linder et Max Aghion. Nous ajouterons qu'elle est spirituelle. Il faudrait avoir la plume alerte de Spleen-le-Jeune pour en définir avec un parisianisme adéquat les qualités de verve, d'entrain et de mise en scène. Aussi bien, tout commentaire affaiblirait la réalité. Nous nous bornerons donc à constater que le public a ri de bon coeur, bruyamment. Et, vraiment, il eût fallu qu'il fût bien difficile pour garder son sérieux: couplets finement ciselés, scènes habilement construites, exploitant avec un rare sentiment de la psychologie du public les actualités de la saison, mise en scène qui fait grand honneur à M. Castello, luxe qui dépasse encore les habitudes de la maison, musique délicieusement composée ou choisie par le maestro Gavel, qui a conduit l'orchestre avec un brio étonnant, rien ne manque à la nouvelle revue de la Gaité-Rochechouart. Mme Varlet, en la commandant à Max Linder et Max Aghion a été fort bien inspirée. Les recettes la récompenseront.

    Nous dirons encore que cette revue présente une heureuse particularité: les films s'y mêlent à l'action. Dame! Elle est de Max Linder, le Roi du Cinéma! A ce propos, signalons l'amusante scène qui nous présente une douzaine de Max Linder tellement ressemblants qu'on a mis, hier soir, un moment à reconnaître le vrai Max, lequel avait eu la malice de se glisser subrepticement parmi ses sosies. Acclamations, comme bien vous pensez!

    Citer tous les artistes qui ont concouru au triomphe est impossible. Les principaux sont la charmante commère Made Andral et le divertissant compère Castel; les jolies et bien disantes Dave Loty, Adrienne Delide, Fabris, Line Marjac, Armelle, Yzelle, Maphalda, Méris, Orel et la princesse Marfa; les désopilants Delamane, Bazin, Reybas, Battaille, Harryso, Dartol, Gasthon's, Bréal, etc., etc.

    La Partie chorégraphique est copieusement et délicieusement assurée par les célèbres sisters Loret, les Gaiety Girls et l'étourdissante troupe Saschoff.

    Mais on n'en finirait pas, s'il fallait énumérer tous les éléments de succès de la nouvelle revue de la Gaité-Rouchechouart. Vous irez voir et "vous y reviendrez", comme dit la chanson. - SPLEEN-L'ANCIEN. (La Presse, 29.3.1914)