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La tourmente

Szenario: Maurice Landay — Länge: 4 Akte — Interpreten: MM. Adolphe Candé (Fargey); Adrien Caillard (Laurent); Jean Liézer (Hardy); Jacques Volnys (Lecointois); Brenner (Richard); Grey (Méry); Champdor (Lamy); Max Linder (Lemiret); Dervet (père Caillou); Thomin (Parisot); Charmy (Marcyl); Dalaine (Brivet); Emile André (Richard); Paul Garbagni (Lacourge); Laemmenhirt (Jean); Harry (Pascal); Le Roux (Romieu); Leprieur (premier ouvrier); Lebrasseur (deuxième ouvrier); Talny (troisième ouvrier); Raphaël (quatrième ouvrier); Hedelin (cinquième ouvrier) — Mme. Suzanne Devoyod (Mme Fargey); Renée Cogé (Micheline); Geneviève Chapelas (Mme Lecointois); Adrienne Dherblay (La Semeuse); Victorin (Mme Lamy); Walmy (Marguerite); Delcy (première femme); Rainville (Marie); Martiny (deuxième femme); Turpeau (troisième femme); petite Boivin (petite Claire); petite Stella Kreis (petit Pierre) — [Premier acte: Le Réveil du passé. — Deuxième acte: Le Meneur. — Troisième acte: En pleine grève. — Quatrième acte: Vers la paix!] — Premiere: 30. März 1906 (Paris/Théâtre de l'Ambigu) — 8 Vorstellungen

 

Szenenfoto La Tourmente

ACTE IV. La mort de Laurent (Le Journal du Dimanche, 8.4.1906)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beschreibung/Kritik:

 

C'est plaisir de voir te renouveler le drame; et, après l'intéressante tentative de la Grande Famille, il faut féliciter M. Grisier d'avoir monté la pièce, si émouvante, si moderne, de M. Maurice Landay: La Tourmente. Un certain Laurent, sorti on ne sait d'où, a rêvé do faire fortune par la femme, Pour cela, il s'est adressé à la fille de son patron, grand industriel parisien, et a réussi à inspirer quelque sympathie, un peu d'amour même, a une jeune fille qui s'ignorait encore. Mais quand il a demandé sa main, son patron l'a chassé. Cela a suffi pour le jeter dans l'armée des mécontents; et, depuis cette époque, il végète, jusqu'à ce qu'il trouve sa voie dans la politique. Peu lui importe l'opinion qui lui donnera à vivre d'abord, oui pourra lui fournir ensuite une vengeance: il se trouve que c'est le socialisme, il s'y jette avec passion, en faisant croire a tous sa parfaite sincérité. Or, la jeune fille avec qui il ébaucha une amourette s'est mariée avec un industriel du Nord, M. Fargey, ancien ouvrier qui a réussi à créer une industrie, dos établissements considérables. Elle est heureuse; ils ont une fille; leurs affaires prospèrent; Fargey a même été envoyé par le pays à la Chambre des Députés. Mais une première grève éclate, qui compromet les intérêts de M. Fargey; il cède a demi, espérant que le travail va reprendre, que les mauvais jours sont passés; mais on a besoin de son siège à la Chambre — et une nouvelle grève est fomentée — justement par ce Laurent, représentant d'un grand syndicat, mais qui ignore encore que la femme de celui qu'il combat est la jeune fille, cause initiale de sa vie de révolté. Quand il l'apprend, la grève est sur le point de cesser comme la première, M. Fargey ayant renoncé à son mandat de. député, dans un but d'apaisement. Mais Laurent ne veut plus de la paix: il a trouvé le moyen de se venger de la femme qui le dédaigna jadis après avoir semblé l'encourager; et il fomente une véritable révolte des ouvriers de M. Fargey, car ce n'est plus une simple grève où l'on discute ses intérêts, c'est toute l'armée des ouvriers lancée contre un patron, ancien ouvrier pourtant lui-même, et qui tut toujours très bon à ses collaborateurs. Bientôt, M. Fargey est assiégé dans sa maison, sa fille est blessée par un coup de pierre, lui-même manque d'être lapidé chaque fois qu'on l'aperçoit, et on le menace d'incendier ses dépôts, d'arrêter ses machines, ce. qui serait la ruine. Il ne veut cependant pas céder à des exigences impossibles à réaliser, car s'il les accepte, il serait encore plus sûrement ruiné; et puisqu'il ne peut faire entendre raison à ses anciens collaborateurs, à ces hommes qui lui avaient toujours été si fidèles, il décide, ruiné pour ruiné, de faire saute ses établissements: le pays sera ainsi frappé comme lui; il se sera vengé. A ce moment, cependant, les ouvriers commencent a s'apercevoir qu'ils n'ont affaire qu'à un meneur, qui les a trompés, qui les a entraînés bien au-delà de ce qu'avait décidé le grand syndicat de la grève; et ils viennent offrir à M. Fargey de reprendre le travail et de vivre, désormais, en bonne harmonie avec lui. Il est un peu tard pour cela, car déjà un des hauts fourneaux a sauté; mais on a pu enrayer l'incendie: malgré tant de ruines accomplies, on pourra reprendre le travail et essayer de se relever en s'aidant les uns les autres, car ouvriers et patron sont égale ment frappés par cette guerre. L'œuvre est très sincère, très puissante, exposant tour à tour les théories patronales et les théories ouvrières; et elle contient un personnage absolument remarquable, une femme de contremaître, qui est la plus redoutable ennemie de toute cessation de travail. Il a été tenu avec une superbe énergie par Mme Renée Cogé. Nous avons aussi vivement applaudi Mme Suzanne Dovoyvod dans la femme ce l'industriel; ainsi que Mmes Chaplas, Derblay, Victorine Walmy, dans les personnages secondaires. M. Candé est de tout premier ordre dans le rôle de Laurent. J'ai beaucoup aimé M. Liézer, dans le contremaître Hardy; et les différents rôles d'ouvriers sont tenus, de la façon la plus vraie, la plus pittoresque, par MM. Volnys, Brenner, Gray, Chandor, Linder, Thomin, Charmy, etc. Les décors sont extrêmement intéressants. (Le Journal du Dimanche, 8.4.1906)